Modélisation du risque

La modélisation des risques permet de mesurer l’occurrence d’événements.  elle ne nous permet pas de prédire l’avenir. La modélisation n’est pas d’une précision absolue du fait :

  • De la sélection des données
  • de la détermination des paramètres
  • De la taille de l’échantillon
  • Du choix des méthodes utilisées
  • Du périmètre de l’étude
  • Des événements passées disponibles (statistiques)

Les techniques qui permettent la construction d’un  modèle doivent donc prendre en compte ces incertitudes.

La modélisation du risque financier (crédit, dette…) est la plus répandue dans les entreprises, les banques, les assurances, les agence notation… Une armé de statisticiens , informaticiens, probabilistes sont à la recherche du modèle absolu pouvant prédire avec une incertitude limitée un évènement futur…

Néanmoins, une modélisation des risques ne peut pas prédire une « catastrophe »de façon exacte mais elle peut aider à en réduire les effets en produisant un nombre plus ou moins important de scénarios potentiels.

Les mesures du risque ne sont pas infaillibles, elles ne mesurent pas tous les risques. La modélisation  est une manière formalisée et mathématique d’approcher la réalité, l’incertitude en est une variable.

Dans une modélisation statistique, les données sont décomposées en   variables dépendantes (variable à expliquer) et les variables indépendantes (variables explicatives). Dans un modèle donné, ces variables sont multiples et de  type quantitatif ou qualitatif. Parfois confondues ou distinctes en fonction du  risque, il en résulte que dans chaque modélisation il y a une multitude d’erreurs (ou données résiduelles) s’écartant des courbes et des moyennes. Hors dans la gestion des risques, ces situations résiduelles peuvent être génératrice d’accidents majeurs et donc mettre à mal toutes modélisations statistiques.

Extrait de « L’approche globale du risque » ouvrage en cours d’écriture

Antoine Bourges février 2018, Castres (81 Tarn)

 

Risques et Assurances aux métiers de la montagne

    Fort de son expérience,  le cabinet Pyrite développe un offre spécifique aux risques montagnes à savoir :

 

 

  • station ski
  • Centrales hydroélectriques et photovoltaïques
  • Activités touristiques
  • hébergements
  • collectivités locales

Cette offre regroupe l’ensemble des compétences du cabinet :

  • Une mission d’audit et d’appel d’offre assurances spécifiques au secteur,
  • Une mission d’évaluation des risques professionnels adaptées aux spécificités des activités, complémentaire aux obligations réglementaires des différentes structures (ex : sécurité du domaine pour les stations de ski)
  • Une mission d’étude et de gestion des risques majeurs pour les collectivités locales (PCS, DICRIM) spécifique aux zones de montagneuse

Parce que la gestion des risques montagnes ne s’improvise pas 

Utopie de l’approche globale du risque

La construction d’une vision globale des risques suppose la mise en oeuvre d’une méthodologique unique, appliquée de façon uniforme à l’ensemble de l’environnement d’une organisation. Les matrices d’évaluation et les modèles doivent donc être compatibles et appropriés à l’ensemble des matières et des thématiques étudiées.

Le « Graal » serait d’obtenir une hiérarchie pertinente des criticités sur l’ensemble des risques (voir liste des risques) pour définir des priorités stratégiques dans une entreprise ou une organisation. Cette approche quasi-scientifique permettrait de mettre en place un pseudo algorithme de décision. Le manageur n’aurait plus qu’à évaluer et planifier les actions correctrices les plus efficientes afin d’obtenir une politique de prévention efficace.

Cette modélisation reste utopique pour plusieurs raisons :

  • Le risque peut être à plusieurs échelles :

Macro-risques : politico-économique, règlementaire, monétaire, marché climatique… à l’échelle d’un pays.

Micro-risques : professionnel, industriel, financier, qualité, environnement, social… à l’échelle d’une entreprise.

Ce serait comme unifier la théorie de la relativité avec la théorie quantique dans une même et seule théorie dite du tout, difficilement réalisable. Peut-on mettre sur un même pied d’égalité des dommages aussi différents qu’un accident de travail avec une pollution voire une perte financière?

  • Le risque peut être subjectif 

 Même en appliquant une méthodologie commune, l’évaluation des risques conserve une part de subjectivité propre à chaque évaluateur :

La cohèrence est préservée quand l’intégralité de l’évaluation est faite par une seule personne qui appliquera sa culture ou son expérience du risque à  l’ensemble de l’évaluation. A l’inverse, des intervenants multiples n’auront  pas la même sensibilité au risque, la cohérence de hiérarchisation des risques pourrait en être affectée.

Hors une seule personne ne peut couvrir raisonnablement, à lui seul, l’ensemble des risques à étudier. Cette évaluation globale doit être abordée de façon collégiale en fonction de la disponibilité et des compétences de chaque responsable.

  • Le risque engendre des dommages difficilement comparables

L’évaluation du dommage en fonction du risque étudié reste très difficilement comparable. Comment peut on comparer un risque professionnel avec un risque financier?

Si l’on part du postulat qu’un dommage à toujours un impact financier pour une organisation, alors le seul critère commun reste son coût, ex :

  • accident de travail (3 jours ITT) (risque professionnel) : x millier €
  • décès suite accident de travail : x centaines de milliers €
  • pollution : x centaines de milliers voire million €
  • défaut de livraison : à hauteur des engagements
  • incendie : à hauteur des capitaux (en premier risque)
  • cybersécurité : x milliers €

Cette évaluation par le coût, permettrait une cohérence et une répétitivité des analyses du risque dans l’ensemble des domaines, mais cette approche ce heurtes à un défaut de modélisation.

  • Les incertitudes associées aux risques

    Les incertitudes sur les données, ainsi que les approches utilisées pour croiser ces différentes données, se répercutent dans les résultats de l’évaluation. En effet les données nécessaires à l’évaluation proviennent essentiellement d’un vécu et d’une pratique. De fait, on peut distinguer deux types d’incertitudes : celles qui sont intrinsèques aux risques et celles associées aux manques de connaissances et d’expériences.

    Ainsi, le choix des méthodes et des bases de données utilisées dans l’évaluation peut modifier ou altérer le résultat final.

 Une approche globale des risques « réalistes »

Il devient nécessaire de converger vers des critères et des méthodes d’évaluation communes pour servir de base à une science « préventive » entre les différents manageurs. De nombreuses approches ont été développées. l’évaluation par l’analyses « coût-bénéfice »est de plus en plus utilisée comme outil d’aide à la décision.

Cette évaluation consiste à croiser les informations de l’aléa avec les données de la vulnérabilité, et ensuite à appliquer des modèles économiques pour monétiser les dommages.

La logique d’analyse coût-bénéfices prend de plus en plus d’ampleur dans la stratégie d’investissements des sociètés. La prévention est perçue de plus en plus comme un investissement « commun » quantifiable et générant des bénéfices (ou en réduisant des pertes, identique du point de vu financier).

En d’autres termes les coûts d’investissement sont comparés aux coûts de dommages évités . La prévention des risques est un enjeu majeur, bien souvent pour que cette dernière soit audible pour les managers, décideurs actionnaires…, on n’hésite pas communiquer, parfois avec de grandes largesses,  des postulats de type : 100 € investi dans la sécurité en rapporte 200…

L’évaluation économique et globale du risques est-elle la seule approche fiable? Peut on déterminer avec justesse une cartographie des risques avec cette seule approche économique?

A suivre : La théorie du « tout » risque

Extrait de « L’approche globale du risque » ouvrage en cours d’écriture

Antoine Bourges octobre 2017

Question de criticité

Pour construire une stratégie de prévention adaptée, il est indispensable d’évaluer le risque. L’estimation du risque détermine l’importance et la probabilité d’occurrence d’un événement dangereux en fonction de l’exposition. La prévention des risques industriels, qu’ils soient professionnels ou environnementaux, s’appuie sur la notion  :

danger/risque, accident/dommage

 La définition du risque est proche dans ces deux domaines, mais les pratiques d’analyse sont différentes :

risques professionnels : la pratique de l’évaluation des risques s’appuie sur l’analyse des postes et du travail (estimer le niveau d’exposition dans un but de classer les risques et définir un plan d’actions de prévention)

risques environnementaux : l’analyse de risques vise à identifier tous les scénarios susceptibles d’être à l’origine d’un accident majeur (estimer la probabilité dans un but de hiérarchiser les scénarios et définir l’étude de dangers)

Tous les autres risques peuvent être étudiés sur cette même base.

La cindynique est la « science du danger » développée pour éviter une confusion entre danger et risque :

Risque = Danger x Exposition

Un danger :  source  potentiellement dommageable, correspondant à un  préjudice ou à un effet nocif à l’égard d’une chose ou d’une personne.(machine, d’une activité, d’un produit, d’une situation…)

Un Risque : combinaison de la probabilité d’occurrence d’un dommage et de la gravité de ce dommage.

La « probabilité d’occurrence » signifie la possibilité qu’un événement ou un incident se produise et qu’il soit défini et mesuré.

Le « risque » n’est pas synonyme de « danger ».

Si vous n’êtes pas exposé à un danger, il n’y a pas de risque : un acide fort isolé de toute exposition ne présente aucun risque.

Mais un produit considéré comme « non dangereux » peut engendrer un risque, ceci dépend de son degré d’exposition : à forte dose l’eau peut être mortelle !

Les facteurs qui influent sur le degré ou la probabilité du risque sont les suivants :

  • la nature de l’exposition :  mesure selon laquelle une personne est exposée à une matière ou une condition dangereuse.
  • le mode d’exposition : inhalation, contact…
  • la gravité :  gêne, irritation, brûlure, maladie…mort.

La criticité est donc le produit de plusieurs paramètres :

  • fréquence ; effectif exposé ; probabilité d’apparition, d’exposition…
  • gravité ; niveau de dommages…
  • niveau de maîtrise; détectabilité…

Les deux paramètres principaux, à savoir la probabilité d’apparition et la gravité, sont souvent divisés en 4 niveaux :

Fréquence
  1. Très improbable.
  2. Improbable (rare).
  3. Probable (occasionnel).
  4. Très probable (fréquent).
Gravité
  1. Faible.
  2. Moyenne.
  3. Grave.
  4. Très grave.

Une matrice sous forme d’un tableau à double entrées indiquent la criticité.

Ex 1: dans une entreprise X, une chaise cassée dans une salle de réunion à une fréquence potentielle de dommage de 3 ou 4 (en fonction de l’occupation de la salle). La gravité est de 1 à 2 (correspondant à une chute plus ou moins dommageable). Pour les valeurs hautes, sa valeur de criticitè est donc de : 4×2= 8.

Cette valeur de criticité n’a pas d’unité, son seul intérêt est de pouvoir faire un classement « numérique » des risques, dans le seul but de les hiérarchiser et de prioriser les actions de prévention.

ex 2: Dans cette même entreprise x, le risque routier est évalué en fréquence 1 (déplacement réduit) et en gravité 4 (accident mortel) : sa criticité est donc de 4. La « chaise cassée » a donc une criticité deux fois plus importante que le risque routier… la priorité de prévention doit donc se porter sur cette chaise.

Cette démonstration simpliste met en avant la difficulté du travail d’un préventeur qui aurait tendance à privilégier les gravités les plus importantes… mais dans ce cas, l’approche la plus pertinente est la suivante :

« Pourquoi attendre de faire une prévention sur le risque routier avant de réparer ou remplacer la chaise cassée ? « 

Le calcul de criticité n’est pas complet si le risque jugé acceptable n’est pas identifié à celui jugé inacceptable.

Acceptabilité du risque :

La notion d’acceptabilité permet de distinguer ce qui peut être perçu comme tolérable ou intolérable par les décideurs. Cette notion peut varier en fonction de :

  • la culture du risque
  • la perception du risque
  • l’éthique
  • les objectifs définis…

Cette notion peut évoluer avec le temps et l’espace. Elle peut prendre des significations différentes en fonction des environnements réglementaires, normatifs ou économiques.

Ex: le risque acceptable est souvent celui qui est légalement permis. Le seuil du risque «acceptable» ou «négligeable» varie selon les circonstances et les risques évalués (ex: nucléaire).

Cette notion sera abordée dans un chapitre suivant.

variantes de calcul de criticité :

L’analyse des calculs d’évaluation et des grilles de criticité montrent une grande diversité de pratiques :

C = Aléa x Vulnérabilité des enjeux
C = Probabilité d’occurrence x Intensité
C = Danger x Exposition x coefficient de prévention
C = Fréquence x gravité x détectabilité
C = probabilité x impact
C =probabilité d’occurence x gravité
C = fréquence x exposition x gravité x coefficient maitrise
C = fréquence x exposition x gravité x coefficient prévention
C = probabilité x coûts

J’aborderai les points de convergences et de divergences entre les différentes méthodes d’évaluation recensées (professionnelles, environnementales, financières…). Enfin j’ouvrirai prochainement des pistes de réflexion sur une démarche commune à l’ensemble des domaines :  « l’approche globale du risque ».

Extrait de « L’approche globale du risque » ouvrage en cours d’écriture

Antoine Bourges Septembre 2017, Castres (81 Tarn)

www.pyrite.fr

Les principes généraux de prévention

L’employeur doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de l’établissement – y compris les travailleurs temporaires – sur la base d’une évaluation des risques présents dans son entreprise (DUER). Il veille personnellement au respect des dispositions légales et réglementaires dont il est responsable pénalement. Les objectifs à atteindre sont définis par les principes généraux de prévention :

  • Adapter le travail à l’homme ;
  • Combattre les risques à la source ;
  • Tenir compte de l’état de l’évolution de la technique
  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ;
  • Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants ;
  • Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;
  • Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Pour choquer, je dis souvent que mon métier de préventeur (IPRP*) a pour priorité de supprimer les EPI (équipements de protection individuelle) !

En effet les EPI sont considérés comme la dernière protection à mettre en œuvre quand toutes les autres mesures de prévention ne sont pas suffisantes pour réduire un risque.

Si le risque a été traité en amont (rôle du préventeur) suivant le principe de prévention, alors l’EPI n’est plus obligatoire. Pour ce faire il faut avant tout avoir une connaissance précise des risques.

L’évaluation des risques professionnels est donc prioritaire.

C’est pourquoi le Document Unique (appellation mal choisie dés le début) n’est pas un cahier que l’on sort une fois par an… mais bien, au contraire, une démarche de prévention qui doit s’inscrire dans une approche globale de gestion de l’entreprise au quotidien.

Nous avons développé des outils performants en particulier l’application Pyrisk pour vous faciliter cette démarche.

Antoine Bourges

habilité : Intervenant en Prévention des Risques Professionnels

 

Nos domaines d’intervention et de conseils

 Audit en assurances

  • Assurances des biens (immeubles + matériels + mobilier,…)
  • Assurances des responsabilités (civiles, professionnelles, …)
  • Assurances des personnes (prévoyance, retraite, départ en retraite, homme clé,…)
  • Assurances automobiles (flottes d’entreprises…)
  • Assurances des risques financiers (pertes d’exploitation, …)
  • Assurances Environnement (Assurpol…)
  • Audit en risques professionnels

  • Document Unique : Évaluation et prévention des risques professionnels
  • normalisation : OHSAS 18001, ISO1401/45001, MASE, DuPont…
  • Étude de pénibilité et compte de préventionAudit externe/interne des risques professionnels et industriels
  • Audit absentéisme et recherche de solutionsStratégie de communication prévention/sécurité (montante et descendante)
  • Documents de co-activité : plan de prévention, protocole de sécurité…
  • Formations sécurités…
  • Prévention, management et organisation
  • Aménagement de postes et d’unités de travail
  • Projets industriels
  • Gestions des accidents de travail
  • Relations avec les organismes de contrôle
  • Auto-certification machines, marquage CE…
  • Mise en conformité machine (Directive Machine 2006/42/CE…)
  • Assistance (partenariat avocat) des accidents de travail (phase judiciaire)
  • Gestions des contrôles périodiques (incendie, électrique, levage, engin, machine…)
  • Réglementations et veille

Audit en risque et gestion de Crise

  • Plan communal de sauvegarde (PCS)
  • DICRIM (information de la population sur les risques sur les risques naturels)
  • Diagnostic des risques majeurs
  • Procédure de gestion de crise
  • Gestion et diffusion d’alerte
  • Assistance

 Assistance, Expert d’assuré

  • Conseiller et gérer tout contentieux (quittances, cotisations, garanties, contrats, …)
  • Conseiller et gérer tout sinistre
  • Conseiller et gérer tout accident de travail
  • Conseiller et gérer toute intervention d’organismes de contrôle
  • Conseiller et gérer toute situation de risques majeurs
  • Conseiller et gérer toute crise

Les 10 facteurs de pénibilité au travail

Les risques liés aux contraintes physiques :

  • manutentions manuelles de charges,
  • postures pénibles,
  • vibrations mécaniques.

Les risques liés à l’environnement physique agressif :

  • agents chimiques dangereux,
  • activités exercées en milieu hyperbare,
  • températures extrêmes,
  • bruits ;

Les risques liés au rythme de travail :

  • travail de nuit,
  • travail en équipes successives alternantes,
  • travail répétitif.

Au 1er janvier 2015          Au 1er juillet 2016

Compte pénibilité une nouvelle obligation !

 

La loi 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites a complété le Code du travail (article L. 4121-1), pour y introduire une obligation de prévention de la pénibilité au travail dans le cadre de l’obligation de générale de sécurité qui incombe à l’employeur

  • La pénibilité se caractérise par une exposition, au-delà de certains seuils, à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels pouvant laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé.
  • La loi 2014-40 du 20 janvier 2014 prévoit comme dispositif de compensation un compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P)
  • Toute entreprise doit prévenir la pénibilité au travail, quels que soient sa taille, son statut juridique et ses activités. Lorsqu’un salarié est exposé à des facteurs de pénibilité au-delà de certains seuils, l’employeur doit établir une déclaration. Le salarié bénéficie alors d’un compte personnel de prévention de la pénibilité sur lequel il peut cumuler des points.

Nous vous accompagnons dans cette démarche